Introduction : pourquoi le Fab Drawing sécurise la fabrication d’un PCB
Dans un dossier de fabrication, le Fab Drawing, ou plan de fabrication PCB, complète les Gerber, ODB++, fichiers de perçage et spécifications d’achat. Il formalise l’intention de conception : matériaux, empilage, tolérances, finitions, marquages, essais et critères d’acceptation. En cas d’ambiguïté, le fabricant peut interpréter différemment le même jeu de données, avec un risque direct sur le rendement, le délai, le coût et la fiabilité terrain.
Les 20 questions suivantes relient chaque défaut à ses symptômes, indicateurs, causes possibles et actions préventives. Les valeurs citées sont des exemples de spécification ; elles doivent être confirmées avec la classe IPC, l’édition du standard, le produit et le contrat applicables. L’objectif est de donner aux concepteurs et aux acheteurs une base de revue exploitable avant lancement.
Partie 1 : questions de fabrication PCB
Les défauts de fabrication proviennent souvent d’une combinaison entre matériau, empilage, géométrie et procédé. Un Fab Drawing précis réduit les hypothèses laissées au fournisseur.
1. Pourquoi le PCB se déforme-t-il après refusion ?
- Symptômes : la carte se courbe ou se vrille après chauffage, le placement devient difficile et des joints BGA peuvent s’ouvrir ou se court-circuiter.
- Indicateur : déformation supérieure à 0,75 % comme seuil de projet cité pour IPC-A-610 classe 2/3. Calcul : (déformation maximale / diagonale du PCB) × 100 %. Confirmez la méthode et la classe applicables au produit.
- Causes possibles :
- Empilage asymétrique : répartition cuivre déséquilibrée et coefficients de dilatation thermique incompatibles.
- Matériau inadapté : Tg insuffisant pour le profil thermique ou combinaison de matériaux présentant des CTE différents.
- Grandes surfaces cuivre : zones supérieures à 500 mm² non équilibrées ou non maillées, ce qui peut accroître les contraintes internes.
- Correction : étuvage et remise à plat sous presse peuvent parfois récupérer une partie de la déformation, sans garantir la stabilité après un nouveau cycle thermique.
- Prévention :
- Exiger un empilage symétrique et un équilibrage cuivre vérifié.
- Indiquer les références, épaisseurs et fournisseurs acceptés pour chaque core et prépreg.
- Définir la règle applicable aux surfaces cuivre supérieures à 500 mm², notamment maillage ou équilibrage sur la couche opposée.
2. Pourquoi l’épaisseur de cuivre PTH est-elle insuffisante ou présente-t-elle des vides ?
- Symptômes : continuité instable, résistance élevée ou ouverture après choc thermique et vibration.
- Indicateur : une moyenne inférieure à 20 µm est citée pour IPC-6012 classe 2 et une cible d’au moins 25 µm pour la classe 3, avec plus d’un vide ou une longueur de vide supérieure à 5 % du diamètre. Utilisez les critères exacts de l’édition IPC contractuelle.
- Causes possibles :
- Exigence ambiguë : la classe IPC ou la valeur numérique de cuivre dans le trou n’est pas indiquée.
- Rapport d’aspect élevé : au-delà de 10:1, la métallisation devient plus difficile sans procédé adapté.
- Perçage dégradé : rugosité, smear ou résidus sur la paroi réduisent l’adhérence et l’uniformité du dépôt.
- Correction : réaliser des microsections représentatives du lot ; si les critères contractuels ne sont pas atteints, la mise au rebut est généralement nécessaire.
- Prévention :
- Inscrire dans la table de perçage et les notes la classe IPC et l’épaisseur moyenne/minimale exigée, par exemple moyenne ≥ 25 µm pour un besoin classe 3 confirmé.
- Pour un rapport d’aspect supérieur à 10:1, demander au fabricant le procédé de métallisation, par exemple courant pulsé, et les preuves de capabilité.
3. Pourquoi les ponts de vernis épargne se décollent-ils entre des pas fins ?
- Symptômes : les barrages entre pastilles QFP ou BGA se détachent et augmentent le risque de pont de soudure.
- Indicateur : largeur de barrage inférieure à 75 µm (3 mil) ou décollement observé pendant l’assemblage/refusion.
- Causes possibles :
- Ouverture mal définie : expansion excessive par rapport à la pastille ; une valeur de +2 à +3 mil par côté ne doit pas être appliquée sans vérifier le pas et la capabilité.
- Procédé non spécifié : l’exposition conventionnelle ne tient pas nécessairement la géométrie requise alors qu’une imagerie directe laser (LDI) serait adaptée.
- Correction : retouche locale du masque ou réduction de pâte par le pochoir, avec un coût élevé et une fiabilité à requalifier.
- Prévention :
- Définir les ouvertures dans les données de masque et indiquer les tolérances attendues.
- Pour un pas ≤ 0,4 mm, demander une revue de capabilité LDI et inscrire le procédé retenu dans les notes.
4. Comment éviter les résidus ioniques et la contamination du PCB ?
- Symptômes : fuite électrique, migration électrochimique ou dendrites sous température et humidité élevées.
- Indicateur : un seuil de 0,65 µg/cm² équivalent NaCl peut être utilisé avec une chromatographie ionique et IPC-J-STD-001. La méthode, les espèces ioniques, la surface normalisée et le seuil doivent être explicitement convenus.
- Cause possible : aucune exigence de propreté ni zone sensible, par exemple sous BGA, n’est définie ; le fournisseur applique uniquement son nettoyage standard.
- Correction : nettoyage plasma ou ultrasonique si les composants, matériaux et assemblage l’autorisent, puis nouvelle mesure.
- Prévention : indiquer le niveau de propreté, la méthode d’essai, le plan d’échantillonnage et le rapport attendu, avec la classe J-STD-001 pertinente.
5. Pourquoi une finition ENIG devient-elle irrégulière, oxydée ou difficile à braser ?
- Symptômes : mouillabilité insuffisante, résistance mécanique réduite, mauvais contact sur doigts dorés ou défaut de type black pad.
- Indicateur : ne confondez pas 0,05 mil, soit 1,27 µm, avec 0,05 µm. Pour éviter toute ambiguïté entre des valeurs comme Au 0,05–0,1 µm, Ni 3–6 µm et Ni 2,54 µm (0,1 mil), utilisez une seule unité et rattachez la spécification à IPC-4552A et aux besoins fonctionnels.
- Causes possibles :
- Standard absent : le plan indique seulement « ENIG » sans épaisseur ni référence normative.
- Finition inadaptée : HASL, OSP, ENIG ou autre finition sélectionnée sans tenir compte du pas, du nombre de refusions, du contact ou des exigences RF.
- Correction : une finition hors spécification est rarement récupérable de façon fiable ; le lot peut devoir être rebuté.
- Prévention :
- Spécifier la finition, le standard et les plages d’épaisseur, par exemple ENIG selon IPC-4552A, Au 0,05–0,1 µm et Ni 3–6 µm si ces valeurs conviennent au projet.
- Définir séparément les doigts dorés, leur nickel, leur or dur, leur biseau et la zone de contact.
6. Pourquoi la profondeur de backdrill laisse-t-elle un stub de via trop long ?
- Symptômes : réflexions et pertes d’insertion accrues sur les canaux rapides.
- Indicateur : un stub résiduel supérieur à 10 mil constitue un seuil de risque courant ; la limite réelle dépend du débit, de l’empilage et du budget de canal.
- Causes possibles :
- Profondeur non définie : face de départ et couche d’arrêt absentes.
- Tolérance vague : aucune longueur maximale de stub n’est imposée.
- Correction : un backdrill incorrect sur une carte terminée n’est généralement pas récupérable.
- Prévention :
- Fournir une couche et une table dédiées au backdrill.
- Indiquer pour chaque groupe de trous la face de départ, la couche d’arrêt et le stub maximal, par exemple 8 mil si l’analyse SI le justifie.
Preuves de capabilité à demander au fabricant
Pour une exigence LDI, métallisation pulsée, rapport d’aspect élevé ou perçage à profondeur contrôlée, demandez la plage qualifiée, les tolérances, le plan de contrôle et les rapports associés. Une valeur telle que 20:1 ou ±5 mil doit être confirmée pour le matériau, l’épaisseur, le diamètre, la série et l’équipement concernés avant d’être considérée comme engagement de fabrication.
Partie 2 : questions d’assemblage PCB
Pastilles, masque, vias-in-pad et ouvertures de pochoir doivent être cohérents entre le Fab Drawing, les données de fabrication et le dossier d’assemblage.
7. Pourquoi des billes de soudure apparaissent-elles après SMT ?
- Symptômes : petites billes autour des résistances et condensateurs, avec risque de court-circuit.
- Indicateur : plus de 5 billes d’un diamètre supérieur à 0,13 mm dans une zone de 6,5 cm², selon le critère IPC-A-610 cité ; confirmez classe et édition.
- Causes possibles :
- Ouverture de masque excessive : la pâte s’étale sur le masque pendant la chauffe.
- Ouverture de pochoir inadaptée : taille ou forme incompatible avec la pastille et le volume de pâte requis.
- Humidité du stratifié : emballage et stockage non définis.
- Correction : retirer les billes et nettoyer sous contrôle, puis inspecter la totalité de la zone concernée.
- Prévention :
- Définir les règles SMD/NSMD et les tolérances d’ouverture du masque.
- Spécifier l’emballage sous vide et la gestion d’humidité compatibles avec les matériaux et le niveau MSL du dossier d’assemblage.
8. Pourquoi les composants 0402 ou 0201 se redressent-ils en tombstone ?
- Symptômes : une extrémité du composant se soulève pendant la refusion.
- Indicateur : une terminaison est entièrement séparée de sa pastille.
- Causes possibles :
- Pastilles ou dissipation asymétriques : tailles différentes ou surfaces cuivre très déséquilibrées créant des forces de mouillage non simultanées.
- Masque sur la pastille : précision insuffisante ou décalage d’exposition.
- Correction : retoucher ou remplacer le composant, puis vérifier le profil et les pastilles voisines.
- Prévention :
- Utiliser une bibliothèque d’empreintes validée ou les recommandations IPC-7351 applicables.
- Interdire les résidus de masque sur les pastilles et définir le dégagement minimal.
9. Pourquoi les joints BGA ou le pad thermique QFN présentent-ils trop de vides ?
- Symptômes : l’inspection X-ray révèle des vides dans les billes BGA ou sous le pad thermique QFN, avec un impact possible sur thermique et fiabilité.
- Indicateur : une surface de vide supérieure à 25 % sur un joint est un seuil associé à IPC-7095B ; appliquez le critère du composant et de la classe du produit.
- Causes possibles :
- Via-in-pad non spécifié : via non rempli ou non capé, entraînant aspiration de pâte ou dégazage.
- Pochoir mal segmenté : grande ouverture pleine sous QFN, qui limite l’évacuation des flux volatils.
- Correction : la réparation peut nécessiter le remplacement du composant et reste coûteuse.
- Prévention :
- Exiger pour les vias-in-pad le remplissage résine conductrice ou non conductrice, le capage cuivre et une planéité inférieure à 1 mil si cette cible est nécessaire.
- Définir dans les notes d’assemblage une ouverture en fenêtres ou matrice de points pour les grands pads thermiques QFN.
10. Quelles sont les causes d’un défaut Head-in-Pillow sur BGA ?
- Symptômes : la bille touche la pâte sans fusion complète et forme un joint mécaniquement fragile.
- Indicateur : séparation visible à l’interface bille/pâte par X-ray 3D ou microsection.
- Causes possibles :
- Déformation du PCB : l’écart au centre du BGA empêche le contact pendant la fenêtre de refusion.
- Finition irrégulière : corrosion du nickel ENIG ou oxydation OSP réduisant la mouillabilité.
- Correction : rebillage ou remplacement, avec inspection et requalification.
- Prévention :
- Maîtriser symétrie d’empilage, matériau et profil thermique pour limiter la déformation.
- Spécifier la finition et demander les essais de soudabilité appropriés avant assemblage.
Risque achat : une note Via-in-Pad manquante peut bloquer un lot
Un remplissage ou capage non défini modifie la planéité, le volume de pâte et le risque de vide sous BGA/QFN. Avant commande, faites confirmer par écrit le type de résine, le capage, la planéité, la classe IPC, la méthode d’inspection et le traitement des écarts.
11. Pourquoi la soudure sélective produit-elle des joints en goutte ou des pointes ?
- Symptômes : joint THT incomplet, forme en goutte ou pointe, susceptible d’être rejeté selon IPC-A-610.
- Indicateur : mouillage ne couvrant pas l’exigence de plus de 270° citée ou présence de pointes visibles ; utilisez les critères contractuels de la classe produit.
- Causes possibles :
- Conception thermique insuffisante : le trou est relié directement à un grand plan qui évacue trop rapidement la chaleur.
- Ouverture de masque trop petite : circulation et mouillage de la soudure limités.
- Correction : retouche manuelle, avec une homogénéité et une répétabilité inférieures au procédé maîtrisé.
- Prévention :
- Prévoir des freins thermiques sur les trous THT raccordés à de grandes surfaces cuivre.
- Dimensionner l’ouverture du masque au-delà du pad THT selon la règle de fabrication validée.
Avant le lancement, transmettez le Fab Drawing, les Gerber ou ODB++, la nomenclature, les fichiers de placement et le plan de test. HILPCB peut réaliser une revue DFM/DFA et restituer les points à confirmer sur la fabricabilité, l’assemblage et le test. Demandez que chaque écart soit documenté avant approbation de production.
Partie 3 : questions de test ICT, FCT et fiabilité
Les défauts détectés au test viennent souvent de la fabrication ou de l’assemblage, mais le Fab Drawing et les documents associés doivent aussi prévoir l’accès, les critères et les modes de test.
12. Pourquoi les pointes ICT génèrent-elles trop de faux rejets ?
- Symptômes : l’ICT signale des ouvertures alors que le nouveau test manuel est conforme, ce qui réduit le débit de production.
- Indicateur : taux de faux rejets ICT supérieur à 5 %.
- Causes possibles :
- Points de test non normalisés : diamètre, pas, forme ou distance aux composants et au bord non définis.
- Finition inadaptée aux contacts répétés : une surface OSP peut être endommagée par les pointes.
- Correction : nettoyer les pointes, ajuster le fixture et la vitesse, puis analyser l’usure et l’alignement.
- Prévention :
- Fournir une couche de points de test et une règle telle que diamètre ≥ 0,8 mm, pas ≥ 1,27 mm, surface plane et sans masque, si ces valeurs conviennent au fixture.
- Pour des contacts répétés, spécifier une finition or ou étain compatible avec la durée de vie visée.
13. Pourquoi le test fonctionnel FCT ne couvre-t-il pas toutes les fonctions ?
- Symptômes : le produit passe le FCT mais une fonction non stimulée échoue chez le client.
- Indicateur : couverture de test inférieure à 95 %.
- Cause possible : interfaces, cavaliers ou commandes nécessaires aux modes de test ne sont pas documentés.
- Correction : mettre à jour scripts et fixtures ; pour les unités livrées, évaluer rappel ou mise à jour terrain.
- Prévention :
- Identifier dans le plan d’assemblage toutes les interfaces de débogage/test, cavaliers et fonctions de commutation.
- Joindre une instruction de test décrivant l’entrée dans chaque mode et le résultat attendu.
14. Comment définir les critères d’un essai de choc thermique ?
- Symptômes : après 500 cycles de −40 °C à 125 °C, les équipes ne s’accordent pas sur l’acceptation des microfissures ou de la dérive de résistance.
- Indicateur : aucun critère d’acceptation ou de rejet n’est défini.
- Cause possible : le dossier ne référence ni méthode d’essai ni seuil de réussite.
- Correction : qualité, conception et client définissent un critère provisoire avant de statuer sur le lot.
- Prévention :
- Documenter conditions et seuils, par exemple 1 000 cycles de −40 °C à 125 °C et variation de résistance des vias < 10 %, uniquement si le profil de mission le justifie.
- Référencer les méthodes IPC-TM-650 précises plutôt qu’une mention générique du recueil.
15. Pourquoi un essai Hipot déclenche-t-il sans claquage réel ?
- Symptômes : alarme de courant de fuite ou arc de surface pendant la tenue diélectrique.
- Indicateur : fuite supérieure à 10 mA comme exemple ou arc sous la tension spécifiée ; la tension, la rampe, le temps et la limite doivent être définis par le produit.
- Causes possibles :
- Distances d’isolement insuffisantes : zones haute et basse tension non identifiées, avec simple dépendance à la géométrie Gerber.
- Matériau inadapté : indice CTI non choisi selon tension, pollution, altitude et norme de sécurité.
- Correction : localiser le point d’alarme et distinguer claquage interne, contournement de surface, humidité et contamination.
- Prévention :
- Marquer les zones haute tension et définir clearance/creepage ; l’exemple > 3 mm à 500 V AC doit être vérifié selon la norme produit et l’environnement.
- Spécifier le groupe de matériau ou un CTI ≥ 400 V si l’analyse d’isolement l’exige.
Partie 4 : questions de qualité, SPC et traçabilité
Le Fab Drawing doit distinguer les caractéristiques critiques, les tolérances réalisables et les données à conserver pour analyser un écart.
16. Pourquoi les cartes SPC dépassent-elles souvent les limites UCL/LCL ?
- Symptômes : perçage, largeur de piste ou impédance présentent régulièrement des points hors contrôle.
- Indicateur : Cpk inférieur à 1,33.
- Causes possibles :
- Tolérances irréalistes : plage plus serrée que la capabilité naturelle du procédé retenu.
- CTQ non identifiés : le fabricant ne sait pas quelles caractéristiques doivent recevoir un suivi renforcé.
- Correction : distinguer causes spéciales et variation commune avant d’ajuster procédé ou spécification.
- Prévention :
- Aligner les tolérances avec les données de capabilité du fabricant sans desserrer une exigence fonctionnelle critique.
- Marquer les CTQ, par exemple
[CTQ], sur largeur de ligne d’impédance ou diamètre de pad BGA.
17. Pourquoi un rapport 8D reste-t-il bloqué à l’analyse de cause ?
- Symptômes : l’équipe qualité ne relie pas le défaut aux matériaux ou paramètres de production et le 8D s’arrête au D4.
- Indicateur : délai de clôture supérieur à 30 jours.
- Cause possible : matériau, empilage, finition ou procédé spécial non spécifié, ce qui empêche de comparer l’exigence à la réalisation.
- Correction : effectuer une analyse physique destructive, par exemple microsection et SEM/EDX, pour remonter aux mécanismes possibles.
- Prévention :
- Inclure nomenclature matière, empilage, standards de finition et procédés spéciaux dans le dossier approuvé.
- Exiger que les paramètres critiques convenus — profil de lamination, courant de métallisation ou lot matière — puissent être reliés au lot et au rapport 8D.
Traçabilité numérique : préciser les données attendues
Si une intégration MES est nécessaire, indiquez dans le RFQ les données à conserver, leur granularité, leur durée de rétention et le délai de restitution. HILPCB peut confirmer les paramètres disponibles pour le projet et le contenu du dossier 8D ; cette portée doit être formalisée plutôt que supposée.
18. Pourquoi la chaîne de traçabilité présente-t-elle des lacunes ?
- Symptômes : impossible d’identifier toutes les cartes concernées ou de remonter à l’équipe, au jour et au lot de matière.
- Indicateur : rapport bidirectionnel produit fini–matière première indisponible sous 24 heures.
- Causes possibles :
- Identifiant unique absent : aucun numéro de série ou QR code par PCB.
- Marquage non défini : emplacement et format du date code, de la référence et du marquage UL variables.
- Correction : élargir le périmètre de rappel lorsque les unités touchées ne peuvent pas être isolées.
- Prévention :
- Définir référence, révision, marquage UL, symbole sans plomb et code semaine WW/YY sur la sérigraphie.
- Pour un produit à haute fiabilité, imposer un QR code unique, son emplacement et la règle d’encodage.
19. Pourquoi deux fournisseurs produisent-ils des PCB différents avec les mêmes Gerber ?
- Symptômes : couleur, impédance ou propriétés mécaniques diffèrent d’un fournisseur ou lot à l’autre.
- Indicateur : écart supérieur à 10 % sur un paramètre électrique critique, par exemple l’impédance TDR.
- Cause possible : la mention « FR-4 » n’impose ni S1141 ni IT-180A, et « masque vert » ne définit pas un code couleur ni une finition.
- Correction : ajouter des contrôles et un tri entre lots, sans garantie de rendre les constructions interchangeables.
- Prévention :
- Indiquer fabricant et référence matière ou fournir une liste de fournisseurs approuvés (AVL).
- Spécifier un code Pantone pour masque et sérigraphie lorsque la couleur est une CTQ.
- Donner cibles numériques, tolérances et méthodes pour impédance, Dk, Df et propriétés mécaniques.
20. Pourquoi un produit échoue-t-il à la certification UL ou CE à cause du PCB ?
- Symptômes : le laboratoire rejette le classement au feu, les distances d’isolement ou les matériaux.
- Indicateur : nouvelle conception, nouveaux échantillons et nouvelle campagne de certification nécessaires.
- Cause possible : le Fab Drawing ne contient pas toutes les exigences de conformité qui concernent le PCB.
- Correction : modifier le design, reconstruire les prototypes et reprendre les essais, avec un impact important sur le calendrier.
- Prévention :
- Indiquer dès la première page les exigences applicables, par exemple UL 94V-0 et conformité RoHS.
- Vérifier que stratifiés et encres correspondent aux cartes jaunes UL et aux conditions d’emploi du dossier.
- Confirmer l’autorisation du site de fabrication pour le marquage requis et définir marque UL et code usine sur la carte.
Outils complémentaires pour auditer un Fab Drawing PCB
Matrice défauts et actions préventives
Cette matrice aide le concepteur, l’acheteur et le fournisseur à relier rapidement un défaut à sa caractéristique critique et au document à corriger.
| Défaut | Étape concernée | Indicateur | Action corrective/préventive |
|---|---|---|---|
| Déformation | Empilage, lamination | Déformation < 0,75 % | Prévention : empilage symétrique et équilibrage cuivre définis dans le Fab Drawing. |
| Vide PTH | Métallisation | Cuivre moyen dans le trou > 25 µm, classe 3 | Prévention : classe IPC explicite et procédé qualifié pour les rapports d’aspect élevés. |
| Décollement du barrage de masque | Masque, exposition | Largeur minimale > 75 µm | Prévention : capabilité LDI et règles d’ouverture précises. |
| Vides BGA | SMT, refusion | Taux de vide < 25 % | Prévention : remplissage résine et capage des vias-in-pad. |
| Mauvais contact ICT | Test | Diamètre du pad > 0,8 mm | Prévention : couche de points de test et règles du fixture dans le dossier. |
| Rupture de traçabilité | Sérigraphie, laser | Lecture d’un identifiant unique | Prévention : QR code unique, emplacement et format définis. |
| Impédance hors tolérance | Gravure, lamination | Tolérance ±10 % | Prévention : empilage détaillé avec Dk, Df, épaisseurs et modèle d’impédance. |
| Black pad | ENIG | Phosphore du nickel 7–9 % | Prévention : ENIG selon IPC-4552A et rapport XRF convenu. |
Checklist de 25 points pour le plan de fabrication PCB
Avant l’envoi au fabricant, vérifiez que chaque exigence est explicite, cohérente avec les fichiers de production et approuvée dans la révision commandée.
| # | Point à contrôler | Statut (O/N) | Notes |
|---|---|---|---|
| 1 | Référence article et révision clairement indiquées ? | ||
| 2 | Dimensions du contour et tolérances définies ? | ||
| 3 | Empilage détaillé fourni ? | Épaisseur par couche, matériau, poids de cuivre | |
| 4 | Fabricants et références des stratifiés indiqués ? | Ou AVL fournie | |
| 5 | Épaisseur finale et tolérance définies ? | ||
| 6 | Table de perçage complète ? | Diamètres, tolérances, PTH/NPTH | |
| 7 | Épaisseur de cuivre dans les trous et classe IPC définies ? | ||
| 8 | Trous borgnes, enterrés et backdrill documentés ? | ||
| 9 | Largeur et espacement minimaux définis ? | ||
| 10 | Couleur, type et épaisseur du masque spécifiés ? | Par exemple LPI vert mat | |
| 11 | Règles d’ouverture du masque définies ? | ||
| 12 | Couleur de sérigraphie et hauteur minimale du texte définies ? | ||
| 13 | Finition de surface et standard définis ? | Par exemple ENIG selon IPC-4552A | |
| 14 | Contrôle d’impédance nécessaire ? | Valeurs, tolérances et méthode d’essai fournies ? | |
| 15 | Toutes les caractéristiques CTQ sont-elles marquées ? | ||
| 16 | Exigence de déformation définie ? | ||
| 17 | Marquages sécurité/environnement requis inclus ? | UL, RoHS, CE, etc. | |
| 18 | Marquages de traçabilité définis ? | Date code, numéro de série | |
| 19 | Remplissage et capage des vias-in-pad définis ? | ||
| 20 | Exigences des zones spéciales précisées ? | Doigts dorés, biseau, or plus épais | |
| 21 | Essai électrique défini ? | Flying probe ou fixture, 100 % E-test | |
| 22 | Règles des points de test ICT fournies ? | ||
| 23 | Propreté et contamination ionique spécifiées ? | ||
| 24 | Emballage, transport et stockage spécifiés ? | Par exemple niveau MSL | |
| 25 | Toutes les notes sont-elles claires, cohérentes et à jour ? |
Libérer un Fab Drawing PCB complet avant fabrication
Un Fab Drawing n’est pas un simple complément aux Gerber. Il fixe les limites de fabrication, les matériaux, les contrôles et les critères que le fournisseur doit chiffrer puis respecter. Les 20 défauts et la checklist ci-dessus permettent de transformer des formulations vagues en exigences vérifiables, ce qui facilite la comparaison des offres et réduit les écarts entre prototype et série.
Pour une revue exploitable, joignez le Fab Drawing, l’empilage, les fichiers de fabrication et d’assemblage, les volumes, la classe IPC, les CTQ et le plan de test. HILPCB peut confirmer les règles DFM/DFT, les tolérances réalisables et les rapports disponibles pour votre projet. Faites valider chaque dérogation avant de libérer la production.
Pour la fabrication et l’assemblage, consultez HILPCB pour l’assemblage clé en main ou l’assemblage SMT et précisez la portée DFM/DFT attendue dans votre RFQ.

